
"Warriors la partie commence!
Warriors la partie commence tout de suite!
Warriors la partie est commencée!
Warriors la partie commence!
Warriors la partie est commencée!"
Loin de la fantasy mais plus proche de ma jeunesse ces
phrases résonnent à nouveau dans ma tête ravivant les
souvenirs glorieux du passé. Nul doute que celà doit
aussi titiller la mémoire de certains autres vétérans.
(n'est ce pas cousin?).
Scandée d'une voix éraillée qui monte en intensité au
son de canettes de verre entrechoquées par le Rogues
"barjot" à la fin du film cette phrase reste à jamais
gravée dans ma mémoire (allez savoir pourquoi?).
Pourquoi parler de ce film aujourd'hui me demanderez
vous (peut-être)? L'actualité bien sur!
Tout d'abord le jeu vidéo sorti au mois de novembre
2005 (oui je sais, ce n'est pas de la nouvelle fraîche!),
mais c'est que je viens d'acquérir le jeu pour la modique
somme de 9 euros (neuf), alors je ne me suis pas privé
voyez vous, à ce prix là!
C'est vrai qu'à sa sortie je me suis méfié de cet énième
adaptation de film en jeu vidéo, car jusqu'à présent
rares sont les jeux qui sont arrivés à la hauteur de la
licence surtout à 60 euros le jeu à sa sortie
(franchement c'est abusé pour tous les jeux!!!).
Mais pour le coup bien m'en a pris et c'est
même une excellente affaire.
Mais le super scoop c'est que je viens d'apprendre que
mister Tony Scott en personne travaille actuellement
sur le remake du film, affaire à suivre donc.
J'en frémis d'avance quand on connait un temps soit
peu la qualité et la valeur des oeuvres du bonhomme.
Inutile de vous dire que je suis impatient de voir ça, et
j'en entends déjà baver derrière moi.
Avant toute chose, reconstituons l'histoire et le
contexte. Le film de Walter Hill (1979) est une
adaptation libre du roman de Sol Yurik paru en 1965,
qui lui même est inspiré du récit grec de Xénophon
"The Anabisis", ou il est question d'un héros Cyrus
parti en expédition contre son frère le roi de Perse.
Mais Cyrus se fait tué au cours de cette expédition.
S'en suit alors le retour mouvementé des troupes
grecques en territoire ennemi pour retourner au pays.
Le roman de Yurik transpose l'histoire dans une
Amérique de la fin des années 70, ou les gangs et les
loubards remplacent les valeureux grecs. Il nous
conte l'histoire de jeunes désabusés qui s'organisent
en bandes et autres gangs pour pouvoir survivrent
et exister dans cette société dont l'évolution les
dépasse, et qui par là même se stimulent dans une
surenchère de débauche et de défis immoraux.
Le livre est en cela beaucoup plus violent que le film,
(tout comme le jeu d'ailleurs). Dans le récit nous
sommes plus proche de l'univers d'Orange mécanique
d'Anthony Burgess, ou ces adolescents et ces jeunes
adultes, pillent, violent et tuent à tour de bras comme
une lettre à la poste.
Point de tout celà dans le film qui reste malgré tout
"politiquement correct" quand on pense qu'il a été
taxé d'appel à la violence lors de sa sortie. Et c'est là
que je me marre car pour le coup aujourd'hui en 2006,
la réalité a de loin dépassée la fiction.
Sol Yurik est il un visionnaire ou un simple témoin de
son temps? Allez savoir!
Quoiqu'il en soit le film de Walter Hill arrondit un peu
les angles et éradique les scènes trop violentes pour
l'amérique puritaine. Et finalement au revisionnage
quelques années plus tard, le film parait très soft au
vu des productions actuelles qui sont largement pour
certaines bien plus violentes et explicites qu'à l'époque.
Mais l'intérêt de la chose n'est pas là bien évidemment,
le film dégage une certaine atmosphère et une intensité
particulière, se déroulant uniquement la nuit pour se
terminer sur la plage du Coney Island au petit jour.
Walter Hill nous emmène sur les traces du gang des
Warriors conviés au grand rassemblement de tous
les gangs de la ville organisé par Cyrius le grand chef
des Riffs voulant unifié tout ce petit monde pour
pouvoir tranquillement règné sur la ville. Belle utopie!
Car manque de bol pour lui, dans la foule de tous ses
convives, il y a le barjot de service un membre des
Rogues qui descent d'un coup de flingue le dit Cyrius
juste pour le plaisir de foutre la merde.
Et non content d'avoir descendu le grand manitou,
voilà t'y pas que le gars nous dénonce les Warriors
dans la foulée. Du coup Cléon le chef du dit gang se
fait purement et simplement massacrer pendant que
tout le monde se barre dans tous les sens parce que
les flics en embusquade ont vite fait de rapliquer aussi.
Du coup c'est le gros bordel et on retrouve notre bande
de Warriors pourchassé à tort et à travers par tous les
gangs de la région et de tous les flics du conté, avec
une seule idée en tête, celle de retourner au bercail
au plus vite. Seulement voilà Coney Island c'est le bout
du monde par rapport à Manhattan. Imaginez vous
pour voir, à traverser tout Paris à pince pour regagner
vos pénates au pas de course, poursuivi par une bande
de fous furieux qui ne pensent qu'à vous faire la peau,
et qu'un de ces connards ait la bonne idée de foutre
le feu au métro.
Pas facile, hein?
Et c'est là que commence le parcours du combattant.
Un parcours semé d'embûches, d'affrontements divers,
de piège en tout genre, de fuite en avant, de séparation
et de rebondissement pour finir sur une plage du
Coney Island, on peut rêver mieux comme le souligne
Swan désormais le chef de guerre. Dans le film nous
suivons l'itinéraire d'une bande de jeune de petits
délinquants qui n'ont rien à voir avec l'esprit plus
"malsain" du roman, ces personnages nous deviennent
beaucoup plus attachants, voire plus humains avec
toutes leurs faiblesses, et c'est peut être en cela que
je m'étais attaché à ces anti héros à l'époque, car
quelque part ils me ressemblaient, ou tout du moins
voulais je bien le croire.
Film culte pour certains, film ringard pour d'autres,
ou même sans intérêt pour la plupart, c'est ici que
l'on mesure l'impact des choses sur notre propre
existence et notre subconscient. Puisque juste après
cette expérience cinématographique et littéraire je me
suis mis en tête d'écrire à mon tour un récit bien
Warriors dans l'âme sur une bande de potes bien
désoeuvrée et à extrapoler sur un possible avenir
de cette fameuse bande de oufs que nous formions
à l'époque.
Il est là, à la maison, bien caché (sous scellés), qui dort
paisiblement depuis toutes ces années, mais qui sait,
un jour peut être que ce gang de Warriors viendra
vous casser la baraque!
Sans doute que quelque part suis je un éternel guerrier
de la nuit! Vas savoir!!!












