
Que m'importe la vie, ce monde est déjà mort-né,
Etouffé dans l'oeuf par Arûn la mort incarnée,
Il n'y a plus rien à sauver ici !
Je n'aspire qu'à une chose aujourd'hui,
C'est de disparaître au fond de ce puits !
Tu peux prendre ma vie si tu y tiens tant,
Pour ce qu'elle m'est utile à présent !
Ton désespoir fait peur à voir.
Ô pauvre déesse éplorée,
Es-tu à ce point aveuglée
Pour ne pas voir ce que tu as semé
Dans cette obscurité où tu es restée
Bien trop longtemps esseulée
Il est temps pour toi d'ouvrir les yeux Ekësha
Et de découvrir l'empire qui s'ouvre à toi ici bas !
Et que ferai je d'un empire si sombre, si froid,
Et immensément vide de surcroît ?

Ô Ekësha, source de larmes, comme je te plains,
De tant d'incrédulité et de doute en ton sein.
Ne vois-tu pas toutes ces lueurs,
Dansant et valsant en coeur,
Telles des spirales d'éther,
Autour de la Cité des Lumières ?
Crois-tu qu'elles soient là par hasard ?
Et penses tu vraiment que ce monde soit si noir,
Devant un tel ballet d'espoir,
Qui s'anime en ce miroir ?
Mais quel est donc ce sortilège,
Est-ce un mirage ou est ce réel
Mais que sont ces étranges organismes,
Qui réfléchissent tel un prisme ?

Ne comprends-tu pas fille d'Aronsün ?
Elles sont le fruit de tes larmes,
Celles qui t'ont mené jusqu'à moi.
En cet endroit.
Ce sont les Almëryades,
Qui s'éveillent à peine à vie,
Mais déjà prêtes à te servir,
Au coeur de cet empire.
Et tu voudrais déjà les abandonner ?

Mais comment la vie a t-elle pu naître ici ?
Arün dans sa folie à tout détruit !
Détrompe-toi Ekësha !
Rien ne meurt jamais vraiment ici bas.
Et tout ce qui a été détruit
Peut être encore reconstruit.
Mais pour cela j'ai besoin de toi !
Et comment pourrai-je accomplir un tel prodige ?
Tu dois d'abord peupler les mers,
Et ensuite, ouvrir la voie des airs,
Pour qu'enfin la vie se libère,
Et se propage sur la terre.

Mais qui es-tu donc pour me croire capable,
D'une telle chose aussi invraisemblable ?
Je suis l'un des quatre empires,
Que vous autres, les héritiers,
Enfants d'Aronsün, avez engendré,
Par vos rêves emportés,
Et vos chimères insensées.
Je suis ce que tu as toi-même créé,
Je suis tes larmes, je suis ton âme,
Je suis l'Eau ! Je suis la Source de Vie !

Et je suis aussi la Gardienne des Âmes
Qui se perdent et qui s'égarent ici bas.
Je suis Naëmësys !
Et je suis née ici,
A Aëlandys !
Citée des Abysses.
Je suis ta conscience et ta pensée,
Et nous ne pouvons être dissociées.
Le temps est venu de te rappeler
Ce à quoi tu es destinée...

A suivre...
Adûnä Faël
(texte et illustrations ErwinPale - Tous droits réservés)












