
Erwan poursuivait sa course folle au travers les dédales
des sous-sols de la cité. Il courait ainsi depuis quelques
milles, longeant aisément la rivière souterraine au début
puis le chemin se transforma bien vite en parcours du
combattant avec des couloirs de plus en plus tortueux
et poisseux, pour finalement déboucher sur une partie
des égouts. Arrivé là Erwan failli vomir révulsé par
l'odeur immonde qui régnait ici.
-"Par Arryl, quelle horreur! C'est à tuer un mort ici!"
Lâcha Erwan en s'étouffant presque tellement
l'odeur répugnante lui pénétrait le nez la gorge.
-"J'y peux rien moi si vous les humains vous ne faîtes
pas le nettoyage de temps à autre!"
Gémit la Luciole qui récupérait doucement de ses
forces et qui était tout aussi écoeurée que son
nouveau compagnon d'infortune.
-"Et puis on fait avec les moyens du bord! De toute
façon c'était le chemin le plus court!"
-"Le plus court, certes, mais bien puant, pouah!!!
Rappelles moi d'en toucher un mot à l'intendance,
quelle bande de fainéants ceux là!"
Erwan était arrivé sous le coeur de la cité à présent,
la pente s'accentuait sérieusement et l'atmosphère
s'était curieusement réchauffé au point d'en devenir
étouffant, il avait de plus en plus de mal à courir
dans cet environnement hostile. Enfin il reconnu
l'endroit pour y avoir joué secrètement avec Maël
quand ils étaient enfants et que les lieux étaient
encore saints, les anciens Thermes.
Mais quand Erwan voulu continuer plus avant,
un énorme barrage de vapeurs toxiques l'en
empêcha, puis il aperçu à travers ce nuage une
pluie d'éclairs au fond du couloir crépitant de toutes
parts. Et soudain un énorme cri effarant venu d'outre
tombe, un cri d'un autre âge qui pétrifia le jeune
homme sur place, lui glaçant tous les sangs et
stoppant net sa course. Erwan cru sentir son coeur
bondir hors de sa poitrine, jamais de sa vie il n'avait
entendu une telle chose, une telle abomination.
Il était incapable de bouger, de faire le moindre
geste, paralysé par la peur, sensation curieuse qu'il
n'avait jamais connu jusqu'à lors.
Aprés un instant d'incertitude et de confusion totale,
la Luciole réussit toutefois à ramener Erwan à la raison
en lui envoyant un sifflement strident à travers l'oreille
qui le fit presque décoller du sol. Et il réalisa soudain
l'importance du danger imminent, n'arrivant déjà plus
à respirer. Il éructa plus qu'il ne parla.
-"Et maintenant que fait on? Je crois bien que c'est le
moment de nous sortir un de tes enchantements
Damoiselle Luciole!"
-"Quel enchantement l'humain? Je crois bien que l'on
t'a raconté trop d'histoires quand tu étais petit! Sacré
plaisantin, suis moi vite, c'est par ici la sortie!"
Sans perdre un instant la Luciole s'envola vers un
passage menant à un sombre escalier en colimaçon,
Erwan se lança à sa suite sans réfléchir, sa tête
commençait à tourner et ses yeux se voiler, son
pas devenait chancelant. Il ne fallait pas traîner s'il ne
voulait pas croupir ici à tout jamais.

( illustration 1: Jeanpepe - illustration 2 ErwinPale )
A suivre...












