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En ces temps de troubles, les Eaux d'Ekësha avaient
permis de repousser à elles seules les premiers assauts
des Feux d'Arün.
Mais les Terres Immortelles étouffaient désormais
sous les vapeurs immondes et toxiques qui s'en
étaient échappées et croulaient sous d'énormes masses
de poussière épaisse qui avaient envahi l'atmosphère
obscurcissant la voûte céleste et privant ainsi le monde
de ces lumières éternelles, asphyxiant la végétation
luxuriante que les enfants d'Aronsün avaient mis tant
de siècles à élaborer.
Arryl ne put en supporter davantage, et malgré les
souffrances mentales que lui infligeait sans cesse
son jumeau le terrible Arün, elle trouva la vitalité
et les ressources nécessaires au plus profond d'elle-
même pour faire face à ses intrusions forcenées, et
tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être sur les
Terres Immortelles.
À force d'une concentration extrême, d'une ténacité
exceptionnelle et d'une détermination sans faille,
s'échappèrent alors comme une litanie de longs
soupirs du corps d'Arryl. Des soupirs d'agonie
qui se muèrent bientôt en de longs souffles plaintifs
comme si par la même, Arryl expulsait toutes les
horreurs et toutes les douleurs qu'avait engendrées
le cruel Arûn dans son esprit.
Arryl, se libérant ainsi peu à peu de l'emprise de
son jumeau, ses souffles purificateurs redoublèrent
d'intensité et se déployèrent en de multiples tourbillons
dans toute l'atmosphère, chassant les nuages toxiques
et la poussière de souffre au delà du monde.
Par la suite et afin d'éviter que son frère Arün ne
reproduise un tel désastre et n'étouffe de nouveau
ce monde tant choyé, Arryl prit possession des airs et
fit circuler de grands vents qui formèrent un bouclier
protecteur encerclant les Terres Immortelles.
C'est ainsi qu'en ces temps immémoriaux, Arryl la
majestueuse devint la Déesse de l'Air.
A suivre...
(texte et illustration Erwin Pale)

















