Il est de retour !
Non pas le messi
(mais si, mais non...)
Mais le seul, le vrai,
Le Maître de Rêves

Non ce n'est pas encore la suite de l'histoire
des Rêves Interdits.
Il est de retour en images
pour revendiquer
le Droit de Rêve !

Pour ceusses que ça intéresse
de nouvelles illustrations
sont à découvrir sur

Je tiens ici également à faire
une spéciale dédicace
à mes trois Drôles de Dames
Lili, Sieglind et Frederianne
qui me soutiennent haut et
fort
depuis le début de cette nouvelle aventure.
Merci à vous les Muses,
Gros bisous !
Merci également aux amis de passage
qui ont déposés leur griffe sur
ANNURËVE
A bientôt pour de nouvelles aventures
ici ou ailleurs...
Adûnä Faël
(illustrations ErwinPale - tout droits réservés)
Les regards qu'ils s'échangèrent sans un mot pendant
les longues minutes qui suivirent en dirent bien plus
qu'un grand discours.
Puis Maël brisa de nouveau ce silence oppressant.
- "Aide moi à me relever mon ami. Aide moi et nous
affronterons ensemble ce qui semble être notre destin,
lié par je ne sais encore quelle magie. A moins qu'il ne
s'agisse là de quelque sorcellerie.
Allez du nerf, aide moi bon sang !"
Erwan malgré sa fêlure à l'esprit, ravala sa rancoeur
et s'exécuta d'un geste laborieux, le corps endolori
par ce voyage tumultueux.
Il souleva péniblement son ami qui n'était pas plus
vaillant. Ensemble bras dessus, bras dessous, se
soutenant l'un l'autre, tous deux dans un état
pitoyable mais la complicité retrouvée, ils se
rapprochèrent du rivage, les yeux absorbés par cette
immensité, ces eaux rassurantes et terrifiantes à la
fois qui s'épanchaient à perte de vue.
Le clapotis des vagues venant bercer leurs pas léchés
par l'écume déposée sur le sable comme un neigeux
manteau.
Erwan le regard perdu au large fixait cet horizon
ombrageux et tentait désespérément d'en percer les
terribles mystères. Sans doute à la recherche d'un
indice qui puisse lui redonner un peu d'espoir.
Un murmure traversa le vent frais du matin.
- "Tant de questions m'assaillent sur mes véritables
origines à présent. Seulement saurai je un jour la
vérité ?
- Je ne crains qu'elle n'arrive beaucoup plus vite
que tu ne le penses mon ami.
Et que celle ci ne soit difficile à comprendre.
- Encore un de tes petits secrets ?
- Non, juste une intuition
- Alors parle donc, au point ou j'en suis je suis prêt
à tout entendre, même les choses les plus absurdes.
Que sais tu de ma vraie mère au juste?"
Mal hésita un instant.
- "Et bien peu de chose en fait, sinon qu'elle m'a
demandé de veiller sur toi.
Piqué au vif Erwan s'esclaffa
- Ha je suis bien avancé avec ça au vu de notre
situation actuelle ! Mais une question me taraude,
dis moi plutôt ce que tu sais des liens de ce vieux fou
d'OwënStorm et de cette reine sortie de nulle part.
Cette fois Maël se pinça les lèvres avec une moue
dubitative.
- "Quoi ! Tu n'as pas encore compris ?
- Et que devrai je comprendre dans cet imbroglio ?
- OwënStorm... C'est le père de la reine Zhuleï...
Et par conséquent...
- Non d'un chien !
Hurla tout à coup Erwan dont le sang venait de lui
remonter jusqu'aux tempes.
- "Ce vieux roublard est mon grand-père !
Le jeune homme n'en revenait pas, abasourdi par
cette incroyable révélation il se sentit défaillir.
Les jambes flageolantes il du se rassoire pour accuser
le coup. Sous le choc d'autres souvenirs ressurgirent.
Toutes ces années passées aux côtés du vieux comme
il l'appelait, plus par taquinerie que par méchanceté,
cette complicité étrange qu'il avait noué avec ce vieil
instigateur, cette attention toute particulière que lui
portait le Maître de Rêves, entre privilèges et railleries,
ce statut à part qu'on lui octroyait sur l'Ile des Songes.
Tout ce temps écoulé dans le plus grand des secrets.
Erwan resta assis là un long moment, le regard penché
vers l'ailleurs, à ressasser les images du passé, à tenter
de reconstituer ce puzzle improbable dont il lui
manquait tant d'éléments, à tenter de comprendre
pourquoi lui avait on caché la vérité.
Que recélait toutes ces zones d'ombres autour de lui ?
Quel était le rôle de chacun dans cette histoire ?
Seul un homme semblait détenir la clé de cette énigme.
Le Maître de Rêves en personne, bien qu'il se doutait
que Maël en sache bien plus qu'il ne le prétendait.
Erwan reprit peu à peu ses esprits, il lança un regard
à son ami toujours debout près de lui, qui lui tendit la
main pour l'aider à se redresser.
- "Très bien puisqu'il en est ainsi, allons chercher la
vérité mon bon ami."
Maël l'air songeur prit une profonde inspiration.
- "Elle se cache quelque part au delà de cet océan."
Répondit il avec une grande émotion.
- "Nous avons déjà beaucoup perdus tous deux,
alors faisons en sorte de ne pas en perdre davantage.
J'ose espérer que l'avenir nous réserve des jours
meilleurs."
Malgré ses sombres pensées, Erwan esquissa un léger
sourire devant le ton si solennel de Maël et d'un geste
amical, sans prévenir, il frotta énergiquement la tête
de son ami.
- " Tu es devenu bien sage depuis que l'on t'a rasé
ce foutu crâne, c'est fou ce qu'il y a là dedans !
De plus avec une bouille pareille tu veux encore me
faire croire que tu n'as pas changé ?"
A ces mots Maël écarquilla les yeux, les deux garçons
se jaugèrent à nouveaux puis ils ne purent s'empêcher
de rire, évacuant une partie du stress qui les accablait.
Il furent interrompus par le cri strident de La Luciole
qui faute d'information supplémentaire avait préféré
s'aventurer dans la végétation environnante.
- "Oyé les amis, j'ai trouvé une source d'eau douce.
Par ici !"
Les deux garçons se retournèrent d'un même élan.
- "Ha tu vois il y a quand même un ange gardien qui
veille sur toi !"
Lança Maël avec ironie.
- "Tu n'es pas mal loti non plus avec ton dragon"
Rétorqua Erwan le sourire malicieux.
- "A choisir j'aurai préféré ta charmante créature"
Répondit à nouveau Maël sans réfléchir, rougissant
après coup, quelque peu gêné par ce qu'il venait osé
de dire. Ce que remarqua aussitôt Erwan qui ne se
laissa pas berné un seul instant.
- "Ho toi tu as vraiment des choses à me dire. Allons
nous désaltérer, ça va t'aider à te délier la langue."
Sur ce Erwan envoya une grande tape dans le dos
de son ami qui faillit s'en étouffer.
Fin du chapitre 3 - A suivre...
(Texte et illustrations ErwinPale - Tous droits réservés)
La Luciole éreintée par le terrible périple du vol des
dragons se recroquevilla dans le creux de la main
tremblante d'Erwan. Les cheveux ébouriffés et les
ailes fripées, la lumière qui émanait d'elle avait
disparue, laissant place à un corps terni comme usé
par les affres du temps. Sa silhouette même semblait
s'effacer et se fondre dans le décor sablonneux,
semant le trouble et l'inquiétude chez les deux amis.
Puis à la suite d'un très long soupir La Luciole
esquissa un large sourire ironique, peu à peu son
corps récupéra son enveloppe initiale et sans un mot
elle s'éloigna à contre coeur des deux humains
consternés.
Toutefois comme à son habitude elle ne put
s'empêcher de rester à bonne distance pour les
espionner discrètement, bien qu'elle compatissait
aux malheur d'Erwan sa curiosité se portait davantage
sur le mystérieux Maël à présent. Elle tendit une
oreille attentive quand celui ci s'agenouilla finalement
face à son ami en proie avec le désespoir, le corps
recourbé sur lui même au point d'en avoir presque
la tête touchant le sol et agité de soubresauts de
douleurs.
Le soleil matinal déjà haut dans le ciel dessinait de
curieuses ombres sur le sable autour d'Erwan, donnant
l'illusion qu'un esprit malfaisant tentait de s'emparer de
l'âme du jeune gaillard, ce qui n'était pas loin d'être le
cas tellement Erwan paraissait tourmenté.
Maël tout aussi bouleversé, le visage creusé de fatigue,
les vêtements en piteux état, tenta une approche en
douceur et posa délicatement un main réconfortante
sur la nuque de son ami.
Phénomène étrange, à ce moment précis les ombres
s'estompèrent sur le sable, laissant le Faëlor qui se
trouvait également à proximité, l'air dubitatif.
Un chuchotement à peine perceptible s'échappa des
lèvres de Maël.
- " Je suis désolé..."
Un grand silence pesant s'en suivit pendant de longues
minutes ou seul le bruit du vent venait troubler cet
instant de recueillement.
- " Tes paroles sont acerbes mon ami, mais je
comprends ta douleur et...
Je suis sincèrement désolé de tout ce qui arrive,
je suis navré de n'avoir pu sauver les nôtres...
Mais je crois que tu m'accordes bien plus de pouvoir
que je n'en possède réellement.
Et par là même tu sous estimes tes propres dons.
Le chagrin t'égare mon ami..."
Erwan intrigué, les yeux rougis, la mine défaite releva
subitement la tête.
- "Que veux tu dire ?
Maël inspira profondément en cherchant ses mots.
- "La perte d'un être cher est une terrible tragédie
et une redoutable épreuve, je suis bien placé pour
le savoir...
Mais réfléchis un peu, reprend tes esprits.
Nous sommes dans la même galère mon ami.
Tout autant que toi ces derniers événements me
dépassent, les choses m'échappent, je ne contrôle
rien, comme si ma propre vie m'échappait.
Je suis moi même pris dans ce terrible malstrom
où toute mon existence est remise en cause.
Un vaste trou noir d'où surgit subitement des choses
effroyables et des dons qui dépassent l'entendement.
Je ressens au plus profond de moi une douloureuse
déchirure accompagnée d'une puissance dévastatrice
que je ne peux maîtriser.
Comme si deux être à la fois distincts et semblables
s'opposaient, l'un me prodiguant de la force, l'autre
me dévorant mon énergie...
Je... Je suis fa... Je... J'ai... La tête qui tourne..."
Maël se coucha subitement sur le sable, comme
tétanisé de fatigue. Erwan se précipita instinctivement
sur son camarade pensant à une nouvelle crise.
Il se pencha au dessus de la tête de Maël pour
constater avec soulagement que celui ci était
simplement exténué.
Les deux amis se jaugèrent un instant, la lassitude se
lisait sur le visage de Maël, Erwan sécha ses larmes.
- "Je n'ai jamais pensé un seul instant que tu étais
responsable de tout ce marasme. Je me suis laissé
emporté par ma colère, la seule chose qui me reste
pour exprimer ce que je ressens en ce moment"
A suivre...
(Texte et ilustrations : ErwinPale - Tous droits réservés)
Clic sur les images pour agrandir.

Adrâzaël sentant que sa petite troupe avait besoin d'un
peu de repos pour reprendre quelques forces, décida de
faire une halte à l'approche d'un îlot en vue.
Il s'assura une dernière fois qu'aucun autre danger ne
les menaçait et invita ses compères dragons à se poser.
A peine arrivé sur le plage, Erwan sortit de sa torpeur
et fut pris d'une telle fureur qu'il surprit tout le monde.
Il se précipita brusquement sur son ami Maël en hurlant
de tout sâoul.
- Tu le savais, tu le savais, tu le savais que c'était ma
mère ! Tu le savais et tu ne m'as rien dit !
Maël s'écroula à terre sous la violence de l'intervention
de son camarade qui continua de plus belle en le
malmenant en tous sens.
- Pourquoi as tu laissé faire ça ? Pourquoi sommes
partis comme des lâches ? Pourquoi les avons nous
tous abandonnés à leur sort ? Pourquoi as tu laissé
mourir ma mère ?
Kûgär Le Faëlor voulu intervenir pour séparer les
deux amis mais Adrâzaël s'interposa.
- Laisse faire jeune Faëlor, c'est une histoire que
ces deux se doivent de régler seuls !
L'homme-félin ne fit pas un pas de plus comme
figé par la voix du dragon qui avait subitement jailli
à l'intérieur de sa tête, il jeta un regard noir à
Adrâzaël pour lui faire part de sa désapprobation.
Et alors que dans sa colère déraisonnée Erwan
continuait à secouer son ami comme un prunier
sans que celui ne puisse esquisser le moindre geste
pour se défendre, une petite voix stridente bourdonna
à leurs oreilles.
- Bon ça suffit maintenant, vous voulez ma mort à
moi aussi ? Sortez moi de là bougres d'idiots
d'humains, je suis coincée !
- Par Arryl, La Luciole !
S'écria Maël en écarquillant les yeux tout en pointant
du doigt la poche de chemise de son compagnon qui
venait de s'illuminer.
Ce qui eut pour effet immédiat de stopper net la
colère de celui ci. Erwan sursauta sous l'effet de
la brûlure provoquée par la chaleur que dégagea la
La Luciole en s'éclairant. Il se laissa choir sur le sable
encore humide de la rosée du matin et entrouvrit sa
chemise pour remettre sa poche en ordre afin d'en
extirper La Luciole. Il la pris délicatement dans le
creux de sa main, puis relâchant la pression qui lui
pesait, il se mit à pleurer à chaudes larmes.
Attristée par l'état du jeune homme, La Luciole fut
prise d'une compassion inhabituelle à l'égard d'un
humain, car elle même fut alors consciente de son
propre sort dans cette histoire qui prenait une tournure
bien plus sérieuse qu'elle ne l'avait supposé au départ.
Sa mission de reconnaissance se transformant en un
périple aux multiples dangers, elle savait que sans
l'intervention des dragons elle aurait certainement subi
le même sort que l'équipage du navire royal.
L'appartenance d'Erwan ne faisant plus aucun doute,
il lui restait à découvrir ce qui le liait à ce point au bien
étrange Maël et surtout à la réelle finalité de sa mission.
Elle tenta bien de réconforter le jeune humain avec des
mots doux en espérant en tirer le bénéfice de quelque
information entre deux sanglots, mais c'est justement
Maël qui s'immisça promptement au beau milieu de
cette conversation à sens unique.
- Merci Gwynyll, je suis bien heureux de te voir saine
et sauve parmi nous, mais à présent je dois m'entretenir
seul avec Erwan.
- Tu vois je ne connaissais même pas ton vrai nom !
S'écria Erwan à l'adresse de la Luciole. Puis relevant la
tête il renchérit en jetant un regard cuisant à l'encontre
de son ami.
- Mais évidemment celui là sait toujours tout avant
les autres !

(Illustration 1 : Elian Black'Mor - Illustration 2 : John Emanuel Shannon)
A suivre...

La terrible onde de choc déstabilisa fortement le vol des
dragons transportant Maël et ses compagnons vers leur
destiné. Mais ils réussirent tout de même à maintenir
leur cap entre ciel tumultueux et mer déchaînée pour
prendre suffisamment de distance afin d'écarter tout
danger immédiat.
Les dragons poursuivirent leur fuite en avant sans
interruption jusqu'à l'aube, alors que les paroles
démoniaques de l'entité infernale emplissaient encore
tous les esprits.
Erwan semblait le plus affecté de tous et malgré le froid
qui l'étreignait et sa position inconfortable enserré entre
les pattes solides se son sauveur, il ressassait en boucles
ces derniers instants terrifiants avant de s'échapper du
navire royal.
L'image de sa mère naturelle disparaissant sous les flots
avait déclenché en lui toute une série d'émotions bien
contradictoires, allant du désarroi le plus profond à la
rage la plus ultime. Mais ce qui revenait par dessus tout
c'était ce sentiment d'amour absolu qu'il avait décelé
dans le regard de la reine Zhuleï et qui lui fit ouvrir la
porte des souvenirs oubliés.
Lui revinrent alors en mémoire tous ces merveilleux
moments de sa prime enfance avant qu'il ne soit
emmené sur l'Ile des Songes par Maître OwënStorm.
Tous ces instants paisibles passés auprès de ceux qu'il
croyait être sa vraie famille à l'époque.
Tout l'amour partagé avec ces parents adoptifs et leurs
enfants qu'il considérait alors comme ses frères et
soeurs dans cette grande ferme agréable à vivre,
enchâssée entre forêt immense et montagne bien à
l'abri du monde extérieur.
Il se rappelait ainsi d'avoir été choyé et dorloté comme
le cadet de la famille, lui qu'on appelait "le petit" alors
qu'il dépassait d'une tête au moins tous ses aînés.
Il se souvenait de tous ces gamins un à un, une dizaine
en tout, notamment le plus agité d'entre eux que l'on
nommait "Brûlle Poils" avec qui il avait partagé des
expériences pour le moins hors du commun.
Puis il se souvint des autres choses et en particulier
de son statut favorisé au sein de cettte famille, étant
le seul enfant de cette troupe bigarée à recevoir des
des visites régulières.
Bien sur il ne pouvait comprendre à cette époque ce
que tout cela signifiait vraiment, mais à la lueur des
derniers événements il mesurait à présent l'ampleur de
tous ces moments vécus avec ces visites très
particulières. Car outre les passages réguliers de Maître
OwënStorm, considéré comme le seigneur de ces lieux,
Erwan avait droit de temps à autres à des visites
furtives d'un certain "Ami secret de la famille", presque
comme un oncle appelé "Le Furet" par toute la bande
de gamins et qui l'emmenait bien plus souvent qu'à son
tour parcourir la vaste forêt alentour et partageait avec
lui ses connaissances d'animiste et lui enseignait l'art
des grands anciens comme cet homme se plaisait à le
dire. Et il lui révéla ainsi entre l'âge de deux à quatre
ans bien des mystères de la nature afin de développer
les dons de perception qu'Erwan semblait avoir acquis
dès sa naissance.
A cette époque l'esprit vif du petit garçon mûrit
considérablement, ce qui le différencia très vite des
autres enfants du domaine et lui valu quelques
sobriquets passant pour "la bête curieuse" du groupe.
Jusqu'au jour ou ces visites cessèrent brusquement
sans aucune explication et Erwan passa alors le plus
clair de son temps à l'écart, errant seul dans la forêt
au grand dam de ses parents adoptifs qui s'inquiétèrent
de plus en plus pour sa santé mentale.
A l'aube de son cinquième anniversaire, au cours d'une
de ses nombreuses escapades solitaire il finit par
rencontrer une femme étrangement accoutrée, toute
vêtue de noir, le visage recouvert de turbans ne laissant
apparaître que ses grands yeux brillants.
Erwan loin d'avoir peur se sentit tout de suite en
confiance comme subjugué par ce regard intense et
se laissa entraîner jusqu'au coeur même de cette forêt
immense. Il en oublia toute notion du temps et
demeura plusieurs jours en compagnie de cette femme
mystérieuse qui lui conta de sa voix envoûtante maintes
légendes de ce monde en le berçant affectueusement
dans ses bras accueillants.
Mais l'alerte de sa disparition avait été donné et des
recherches étaient en cours, et contre toute attente
c'est Maître OwënStorm en personne qui le retrouva
allongé près d'un feu de camp tandis que la femme
mystérieuse était parti chasser.
Le Maître de Rêves n'avait pas dit un seul mot ni posé
aucune question, il se contenta simplement de déposer
un de ses objets étranges près du feu et emporta
l'enfant avec lui. Erwan ne broncha pas non plus
s'attendant à de terribles remontrances mais au lieu de
ça le vieux sage lui fit traverser la mer jusqu'à l'Ile des
Songes.
Ainsi Erwan ne revit jamais sa famille, ni "le Furet",
ni cette femme bien étrange. Et dès lors il enfoui tous
ses souvenirs au plus profond de son être pour ne se
consacrer qu'à sa nouvelle vie et son nouvel ami Maël.
Mais à présent il savait que cette femme n'était autre
que sa mère la reine Zhuleï, de même qu'il était
persuadé que son visiteur insolite devait être son
véritable père.

(Illustration 1 : Erwinpale - Illustration 2 : Linda Bergkvist)
A suivre...
















