ONIRISME

 

Salut à toi ô voyageur !

Sauras tu trouver

Le passage secret

qui mène

Au livre d'or,

De l'Erwin Pale ?

 

Artiste: Thomas Raine

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Lundi 19 novembre 2007

Il est de retour !

Non pas le messi 
(mais si, mais non...)

Mais le seul, le vrai,

Le Maître de Rêves

Owenstorm-maitre-de-reve-buste1.jpg

Non ce n'est pas encore la suite de l'histoire
des Rêves Interdits.

Il est de retour en images
pour revendiquer
le Droit de Rêve !

Owenstorm-maitre-de-reve-buste2.jpg

Pour ceusses que ça intéresse
de nouvelles illustrations
sont à découvrir sur

Banniere-reves-immortels1.jpg

Je tiens ici également à faire
une spéciale dédicace
à mes trois Drôles de Dames
Lili, Sieglind et Frederianne
qui me soutiennent haut et fort
depuis le début de cette nouvelle aventure.
Merci à vous les Muses,
Gros bisous !
Merci également aux amis de passage
qui ont déposés leur griffe sur

ANNURËVE

A bientôt pour de nouvelles aventures
ici ou ailleurs...

Adûnä Faël

(illustrations ErwinPale - tout droits réservés)

Vendredi 16 mars 2007

Les regards qu'ils s'échangèrent sans un mot pendant

les longues minutes qui suivirent en dirent bien plus

qu'un grand discours.

Puis Maël brisa de nouveau ce silence oppressant.

- "Aide moi à me relever mon ami. Aide moi et nous

affronterons ensemble ce qui semble être notre destin,

lié par je ne sais encore quelle magie. A moins qu'il ne

s'agisse là de quelque sorcellerie.

Allez du nerf, aide moi bon sang !"

Erwan malgré sa fêlure à l'esprit, ravala sa rancoeur

et s'exécuta d'un geste laborieux, le corps endolori

par ce voyage tumultueux.

Il souleva péniblement son ami qui n'était pas plus

vaillant. Ensemble bras dessus, bras dessous, se

soutenant l'un l'autre, tous deux dans un état

pitoyable mais la complicité retrouvée, ils se

rapprochèrent du rivage, les yeux absorbés par cette

immensité, ces eaux rassurantes et terrifiantes à la

fois qui s'épanchaient à perte de vue.

Le clapotis des vagues venant bercer leurs pas léchés

par l'écume déposée sur le sable comme un neigeux

manteau.

 Erwan le regard perdu au large fixait cet horizon

ombrageux et tentait désespérément d'en percer les

terribles mystères. Sans doute à la recherche d'un

indice qui puisse lui redonner un peu d'espoir.

Un murmure traversa le vent frais du matin.

- "Tant de questions m'assaillent sur mes véritables

origines à présent. Seulement saurai je un jour la

vérité ?

-  Je ne crains qu'elle n'arrive beaucoup plus vite

que tu ne le penses mon ami.

Et que celle ci ne soit difficile à comprendre.

- Encore un de tes petits secrets ?

- Non, juste une intuition

- Alors parle donc, au point ou j'en suis je suis prêt

à tout entendre, même les choses les plus absurdes.

Que sais tu de ma vraie mère au juste?"

Mal hésita un instant.

- "Et bien peu de chose en fait, sinon qu'elle m'a

demandé de veiller sur toi.

Piqué au vif Erwan s'esclaffa

- Ha je suis bien avancé avec ça au vu de notre

situation actuelle ! Mais une question me taraude,

dis moi plutôt ce que tu sais des liens de ce vieux fou

d'OwënStorm et de cette reine sortie de nulle part.

Cette fois Maël se pinça les lèvres avec une moue

dubitative.

- "Quoi ! Tu n'as pas encore compris ?

- Et que devrai je comprendre dans cet imbroglio ?

- OwënStorm... C'est le père de la reine Zhuleï...

Et par conséquent...

- Non d'un chien !

Hurla tout à coup Erwan dont le sang venait de lui

remonter jusqu'aux tempes.

- "Ce vieux roublard est mon grand-père !

Le jeune homme n'en revenait pas, abasourdi par

cette incroyable révélation il se sentit défaillir.

Les jambes flageolantes il du se rassoire pour accuser

le coup. Sous le choc d'autres souvenirs ressurgirent.

Toutes ces années passées aux côtés du vieux comme

il l'appelait, plus par taquinerie que par méchanceté,

cette complicité étrange qu'il avait noué avec ce vieil

instigateur, cette attention toute particulière que lui

portait le Maître de Rêves, entre privilèges et railleries,

ce statut à part qu'on lui octroyait sur l'Ile des Songes.

Tout ce temps écoulé dans le plus grand des secrets.

Erwan resta assis là un long moment, le regard penché

vers l'ailleurs, à ressasser les images du passé, à tenter

de reconstituer ce puzzle improbable dont il lui

manquait tant d'éléments, à tenter de comprendre

pourquoi lui avait on caché la vérité.

Que recélait toutes ces zones d'ombres autour de lui ?

Quel était le rôle de chacun dans cette histoire ?

Seul un homme semblait détenir la clé de cette énigme.

Le Maître de Rêves en personne, bien qu'il se doutait

que Maël en sache bien plus qu'il ne le prétendait.

Erwan reprit peu à peu ses esprits, il lança un regard

à son ami toujours debout près de lui, qui lui tendit la

main pour l'aider à se redresser.

- "Très bien puisqu'il en est ainsi, allons chercher la

vérité mon bon ami."

Maël l'air songeur prit une profonde inspiration.

- "Elle se cache quelque part au delà de cet océan."

Répondit il avec une grande émotion.

- "Nous avons déjà beaucoup perdus tous deux,

alors faisons en sorte de ne pas en perdre davantage.

J'ose espérer que l'avenir nous réserve des jours

meilleurs."

Malgré ses sombres pensées, Erwan esquissa un léger

sourire devant le ton si solennel de Maël et d'un geste

amical, sans prévenir, il frotta énergiquement la tête 

de son ami.

- " Tu es devenu bien sage depuis que l'on t'a rasé

ce foutu crâne, c'est fou ce qu'il y a là dedans !

De plus avec une bouille pareille tu veux encore me

faire croire que tu n'as pas changé ?"

A ces mots Maël écarquilla les yeux, les deux garçons

se jaugèrent à nouveaux puis ils ne purent s'empêcher

de rire, évacuant une partie du stress qui les accablait.

Il furent interrompus par le cri strident de La Luciole

qui faute d'information supplémentaire avait préféré

s'aventurer dans la végétation environnante.

- "Oyé les amis, j'ai trouvé une source d'eau douce.

Par ici !"

Les deux garçons se retournèrent d'un même élan.

- "Ha tu vois il y a quand même un ange gardien qui

veille sur toi !"

Lança Maël avec ironie.

- "Tu n'es pas mal loti non plus avec ton dragon"

Rétorqua Erwan le sourire malicieux.

- "A choisir j'aurai préféré ta charmante créature"

Répondit à nouveau Maël sans réfléchir, rougissant

après coup, quelque peu gêné par ce qu'il venait osé

de dire. Ce que remarqua aussitôt Erwan qui ne se

laissa pas berné un seul instant.

- "Ho toi tu as vraiment des choses à me dire. Allons

nous désaltérer, ça va t'aider à te délier la langue."

Sur ce Erwan envoya une grande tape dans le dos

de son ami qui faillit s'en étouffer.

Fin du chapitre 3 - A suivre...

(Texte et illustrations ErwinPale - Tous droits réservés)

Mercredi 7 mars 2007

La Luciole éreintée par le terrible périple du vol des

dragons se recroquevilla dans le creux de la main

tremblante d'Erwan. Les cheveux ébouriffés et les

ailes fripées, la lumière qui émanait d'elle avait

disparue, laissant place à un corps terni comme usé

par les affres du temps. Sa silhouette même semblait

s'effacer et se fondre dans le décor sablonneux,

semant le trouble et l'inquiétude chez les deux amis.

Puis à la suite d'un très long soupir La Luciole

esquissa un large sourire ironique, peu à peu son

corps récupéra son enveloppe initiale et sans un mot

elle s'éloigna à contre coeur des deux humains

consternés.

Toutefois comme à son habitude elle ne put

s'empêcher de rester à bonne distance  pour les

espionner discrètement, bien qu'elle compatissait

aux malheur d'Erwan sa curiosité se portait davantage

sur le mystérieux Maël à présent. Elle tendit une

oreille attentive quand celui ci s'agenouilla finalement

face à son ami en proie avec le désespoir, le corps

recourbé sur lui même au point d'en avoir presque

la tête touchant le sol et agité de soubresauts de

douleurs.

Le soleil matinal déjà haut dans le ciel dessinait de

curieuses ombres sur le sable autour d'Erwan, donnant

l'illusion qu'un esprit malfaisant tentait de s'emparer de

l'âme du jeune gaillard, ce qui n'était pas loin d'être le

cas tellement Erwan paraissait tourmenté.

Maël tout aussi bouleversé, le visage creusé de fatigue,

les vêtements en piteux état,  tenta une approche en

douceur et posa délicatement un main réconfortante

sur la nuque de son ami.

Phénomène étrange, à ce moment précis les ombres

s'estompèrent sur le sable, laissant le Faëlor qui se

trouvait également à proximité, l'air dubitatif.

Un chuchotement à peine perceptible s'échappa des

lèvres de Maël.

- " Je suis désolé..."

Un grand silence pesant s'en suivit pendant de longues

minutes ou seul le bruit du vent venait troubler cet

instant de recueillement.

- " Tes paroles sont acerbes mon ami, mais je

comprends ta douleur et...

Je suis sincèrement désolé de tout ce qui arrive,

je suis navré de n'avoir pu sauver les nôtres...

Mais je crois que tu m'accordes bien plus de pouvoir

que je n'en possède réellement.

Et par là même tu sous estimes tes propres dons.

Le chagrin t'égare mon ami..."

Erwan intrigué, les yeux rougis, la mine défaite releva

subitement la tête.

- "Que veux tu dire ?

Maël inspira profondément en cherchant ses mots.

- "La perte d'un être cher est une terrible tragédie

et une redoutable épreuve, je suis bien placé pour

le savoir...

Mais réfléchis un peu, reprend tes esprits.

Nous sommes dans la même galère mon ami.

Tout autant que toi ces derniers événements me

dépassent, les choses m'échappent, je ne contrôle

rien, comme si ma propre vie m'échappait.

Je suis moi même pris dans ce terrible malstrom

où toute mon existence est remise en cause.

Un vaste trou noir d'où surgit subitement des choses

effroyables et des dons qui dépassent l'entendement.

Je ressens au plus profond de moi une douloureuse

déchirure accompagnée d'une puissance dévastatrice

que je ne peux maîtriser.

Comme si deux être à la fois distincts et semblables

s'opposaient, l'un me prodiguant de la force, l'autre

me dévorant mon énergie...

Je... Je suis fa... Je... J'ai... La tête qui tourne..."

Maël se coucha subitement sur le sable, comme

tétanisé de fatigue. Erwan se précipita instinctivement

sur son camarade pensant à une nouvelle crise.

Il se pencha au dessus de la tête de Maël pour

constater avec soulagement que celui ci était

simplement exténué.

Les deux amis se jaugèrent un instant, la lassitude se

lisait sur le visage de Maël, Erwan sécha ses larmes.

- "Je n'ai jamais pensé un seul instant que tu étais

responsable de tout ce marasme. Je me suis laissé

emporté par ma colère, la seule chose qui me reste

pour exprimer ce que je ressens en ce moment"

A suivre...

(Texte et ilustrations : ErwinPale - Tous droits réservés)

Clic sur les images pour agrandir.

Lundi 13 novembre 2006

Adrâzaël sentant que sa petite troupe avait besoin d'un

peu de repos pour reprendre quelques forces, décida de

faire une halte à l'approche d'un îlot en vue.

Il s'assura une dernière fois qu'aucun autre danger ne

les menaçait et invita ses compères dragons à se poser.

A peine arrivé sur le plage, Erwan sortit de sa torpeur

et fut pris d'une telle fureur qu'il surprit tout le monde.

Il se précipita brusquement sur son ami Maël en hurlant

de tout sâoul.

- Tu le savais, tu le savais, tu le savais que c'était ma

mère ! Tu le savais et tu ne m'as rien dit !

Maël s'écroula à terre sous la violence de l'intervention

de son camarade qui continua de plus belle en le

malmenant en tous sens.

- Pourquoi as tu laissé faire ça ? Pourquoi sommes

partis comme des lâches ? Pourquoi les avons nous

tous abandonnés à leur sort ? Pourquoi as tu laissé

mourir ma mère ?

Kûgär Le Faëlor voulu intervenir pour séparer les

deux amis mais Adrâzaël s'interposa.

- Laisse faire jeune Faëlor, c'est une histoire que

ces deux se doivent de régler seuls !

L'homme-félin ne fit pas un pas de plus comme

figé par la voix du dragon qui avait subitement jailli

à l'intérieur de sa tête, il jeta un regard noir à

Adrâzaël pour lui faire part de sa désapprobation.

Et alors que dans sa colère déraisonnée Erwan

continuait à secouer son ami comme un prunier

sans que celui ne puisse esquisser le moindre geste

pour se défendre, une petite voix stridente bourdonna

à leurs oreilles.

- Bon ça suffit maintenant, vous voulez ma mort à

moi aussi ? Sortez moi de là bougres d'idiots

d'humains, je suis coincée !

- Par Arryl, La Luciole !

S'écria Maël en écarquillant les yeux tout en pointant

du doigt la poche de chemise de son compagnon qui

venait de s'illuminer.

Ce qui eut pour effet immédiat de stopper net la

colère de celui ci. Erwan sursauta sous l'effet de

la brûlure provoquée par la chaleur que dégagea la

La Luciole en s'éclairant. Il se laissa choir sur le sable

encore humide de la rosée du matin et entrouvrit sa

chemise pour remettre sa poche en ordre afin d'en

extirper La Luciole. Il la pris délicatement dans le

creux de sa main, puis relâchant la pression qui lui

pesait, il se mit à pleurer à chaudes larmes.

Attristée par l'état du jeune homme, La Luciole fut

prise d'une compassion inhabituelle à l'égard d'un

humain, car elle même fut alors consciente de son

propre sort dans cette histoire qui prenait une tournure

bien plus sérieuse qu'elle ne l'avait supposé au départ.

Sa mission de reconnaissance se transformant en un

périple aux multiples dangers, elle savait que sans

l'intervention des dragons elle aurait certainement subi

le même sort que l'équipage du navire royal.

L'appartenance d'Erwan ne faisant plus aucun doute,

il lui restait à découvrir ce qui le liait à ce point au bien

étrange Maël et surtout à la réelle finalité de sa mission.

Elle tenta bien de réconforter le jeune humain avec des

mots doux en espérant en tirer le bénéfice de quelque

information entre deux sanglots, mais c'est justement

Maël qui s'immisça promptement au beau milieu de

cette conversation à sens unique.

- Merci Gwynyll, je suis bien heureux de te voir saine

et sauve parmi nous, mais à présent je dois m'entretenir

seul avec Erwan.

- Tu vois je ne connaissais même pas ton vrai nom !

S'écria Erwan à l'adresse de la Luciole. Puis relevant la

tête il renchérit en jetant un regard cuisant à l'encontre

de son ami.

- Mais évidemment celui là sait toujours tout avant

les autres !

(Illustration 1 : Elian Black'Mor - Illustration 2 : John Emanuel Shannon)

A suivre...

 

 

Jeudi 9 novembre 2006

La terrible onde de choc déstabilisa fortement le vol des

dragons transportant Maël et ses compagnons vers leur

destiné. Mais ils réussirent tout de même à maintenir

leur cap entre ciel tumultueux et mer déchaînée pour

prendre suffisamment de distance afin d'écarter tout

danger immédiat.

Les dragons poursuivirent leur fuite en avant sans

interruption jusqu'à l'aube, alors que les paroles

démoniaques de l'entité infernale emplissaient encore

tous les esprits.

Erwan semblait le plus affecté de tous et malgré le froid

qui l'étreignait et sa position inconfortable enserré entre

les pattes solides se son sauveur, il ressassait en boucles

ces derniers instants terrifiants avant de s'échapper du

navire royal.

L'image de sa mère naturelle disparaissant sous les flots

avait déclenché en lui toute une série d'émotions bien

contradictoires, allant du désarroi le plus profond à la

rage la plus ultime. Mais ce qui revenait par dessus tout

c'était ce sentiment d'amour absolu qu'il avait décelé

dans le regard de la reine Zhuleï et qui lui fit ouvrir la

porte des souvenirs oubliés.

Lui revinrent alors en mémoire tous ces merveilleux

moments de sa prime enfance avant qu'il ne soit

emmené sur l'Ile des Songes par Maître OwënStorm.

Tous ces instants paisibles passés auprès de ceux qu'il

croyait être sa vraie famille à l'époque.

Tout l'amour partagé avec ces parents adoptifs et leurs

enfants qu'il considérait alors comme ses frères et

soeurs dans cette grande ferme agréable à vivre,

enchâssée entre forêt immense et montagne bien à

l'abri du monde extérieur.

Il se rappelait ainsi d'avoir été choyé et dorloté comme

le cadet de la famille, lui qu'on appelait "le petit" alors

qu'il dépassait d'une tête au moins tous ses aînés.

Il se souvenait de tous ces gamins un à un, une dizaine

en tout, notamment  le plus agité d'entre eux que l'on

nommait "Brûlle Poils" avec qui il avait partagé des

expériences pour le moins hors du commun.

Puis il se souvint  des autres choses et en particulier

de son statut favorisé au sein de cettte famille, étant

le seul enfant de cette troupe bigarée à recevoir des

des visites régulières.

 Bien sur il ne pouvait comprendre à cette époque ce

que tout cela signifiait  vraiment, mais à la lueur des

derniers événements il mesurait à présent l'ampleur de

tous ces moments vécus avec ces visites très

particulières. Car outre les passages réguliers de Maître

OwënStorm, considéré comme le seigneur de ces lieux,

Erwan avait droit de temps à autres à des visites

furtives d'un certain "Ami secret de la famille", presque

comme un oncle  appelé "Le Furet" par toute la bande

de gamins et qui l'emmenait bien plus souvent qu'à son

tour parcourir la vaste forêt alentour  et partageait avec

lui ses connaissances d'animiste et lui enseignait l'art

des grands anciens comme cet homme se plaisait à le

dire. Et il lui révéla ainsi entre l'âge de deux à quatre

ans bien des mystères de la nature afin de développer

les dons de perception qu'Erwan semblait avoir acquis

dès sa naissance.

A cette époque l'esprit vif du petit garçon mûrit

considérablement, ce qui le différencia très vite des

autres enfants du domaine et lui valu quelques

sobriquets passant pour "la bête curieuse" du groupe.

Jusqu'au jour ou ces visites cessèrent brusquement

sans aucune explication et Erwan passa alors le plus

clair de son temps à l'écart, errant seul dans la forêt

au grand dam de ses parents adoptifs qui s'inquiétèrent

de plus en plus pour sa santé mentale.

A l'aube de son cinquième anniversaire, au cours d'une

de ses nombreuses escapades solitaire il finit par

rencontrer une femme étrangement accoutrée, toute

vêtue de noir, le visage recouvert de turbans ne laissant

apparaître que ses grands yeux brillants.

Erwan loin d'avoir peur se sentit tout de suite en

confiance comme subjugué par ce regard intense et

se laissa entraîner jusqu'au coeur même de cette forêt

immense. Il en oublia toute notion du temps et

demeura plusieurs jours en compagnie de cette femme

mystérieuse qui lui conta de sa voix envoûtante maintes

légendes de ce monde en le berçant affectueusement

dans ses bras accueillants.

Mais l'alerte de sa disparition avait été donné et des

recherches étaient en cours, et contre toute attente

c'est Maître OwënStorm en personne qui le retrouva

allongé près d'un feu de camp tandis que la femme

mystérieuse était parti chasser.

Le Maître de Rêves n'avait pas dit un seul mot ni posé

aucune question, il se contenta simplement de déposer

un de ses objets étranges près du feu et emporta 

l'enfant avec lui. Erwan ne broncha pas non plus

s'attendant à de terribles remontrances mais au lieu de

ça le vieux sage lui fit traverser la mer jusqu'à l'Ile des

Songes.

Ainsi Erwan ne revit jamais sa famille, ni "le Furet",

ni cette femme bien étrange. Et dès lors il enfoui tous

ses souvenirs au plus profond de son être pour ne se

consacrer qu'à sa nouvelle vie et son nouvel ami Maël.

Mais à présent il savait que cette femme n'était autre

que sa mère la reine Zhuleï, de même qu'il était

persuadé que son visiteur insolite devait être son

véritable père.

 (Illustration 1 : Erwinpale - Illustration 2 : Linda Bergkvist)

A suivre...

 

 

 

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